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Les rites funéraires vikings

Les rites funéraires vikings

Les Vikings avaient une conception particulière de la mort. Loin de séparer le corps et l’âme, les aventuriers du Nord considéraient le décès comme une continuité de l’existence de l’être humain. C’est pour cette raison que leurs rites funéraires s’avèrent nombreux et complexes tandis que les lieux qui devaient accueillir les défunts sont multiples.

Si le plus connu d’entre eux reste le Valhalla, plusieurs autres demeurent existaient dans la mythologie nordique pour accueillir l’esprit des scandinaves qui rejoignaient l’au-delà. Et chacun de ces nombreux endroits était relié à une divinité nordique.

Cet ensemble de croyances explique aussi pourquoi le défunt, qu’il soit installé dans un bateau-tombe ou sous un tumulus, est accompagné de mobilier et d’esclaves. Partons donc à la découverte des rituels d’enterrement vikings !

Les royaumes des morts vikings

Rituel funeraire viking

Pour comprendre l’attention portée aux morts chez les Vikings, il faut d’abord cerner leurs croyances. Dans la mythologie nordique, les défunts sont accueillis dans différents royaumes. L’attribution de la demeure éternelle s’effectue en fonction de la vie menée ou des conditions du décès.

  • Le Valhalla

La moitié des guerriers morts au combat est accueillie dans le royaume d’Odin, roi des dieux scandinaves. Ce sont les célèbres Walkyries qui emportent les plus méritants dans une salle décorée de lances et de boucliers.

Là, les courageux Vikings se rassasient de viande et d’hydromel après des journées passées à se défier. Cet entraînement perpétuel leur permet de se préparer à Ragnarök, la bataille finale durant laquelle les héros décédés se joindront aux dieux contre les représentants du mal.

 Parure d'un guerrier viking dans sa sépulture

  • Fólkvangr, le champ de la déesse Freyja

L’autre moitié des guerriers décédés est accueillie sur la plaine de la déesse Freyja où règne une ambiance semblable à celle du Valhalla. Mais, plus ouvert, cet endroit aurait aussi reçu des femmes ayant été emportée par une noble mort.

  • Helgafjell, la montagne sacrée

Sur la montagne sacrée, se retrouvent les membres d’une même famille ou d’un même clan. L’endroit était si respecté que les vivants ne pouvaient regarder dans sa direction sans se laver d’abord le visage.

Seul, quelques personnes dotées du don de voyance pouvaient pénétrer à l’intérieur de ce lieu où les défunts menaient une vie semblable à celle qu’ils avaient connu lors de leur existence.

De nos jours, Helgafjell désigne un volcan de l’île de Heimaey, en Islande.

  • Le royaume souterrain de Hel

C'est à Helheim que la déesse Hel reçoit les Vikings morts sur terre de vieillesse ou de maladie. Si cette croyance a été influencée par la vision moyenâgeuse de l’Enfer, elle s’en distingue par son aspect froid et humide.

Les morts doivent ainsi parcourir une route gelée avant de prendre place dans une salle glaciale, Helheim, ce qui explique la présence de chaussures à crampons retrouvées dans les sépultures vikings.

  • Le Náströnd, la rive des cadavres

Cet endroit rassemble une autre catégorie de défunts. Il s'agit des parjures et des meurtriers qui sont rassemblés sur la rive des cadavres, à proximité du royaume de Hel.

Les murs y sont recouverts de serpents entrelacés dont le venin forme une rivière dans laquelle marchent les condamnés. Leurs cadavres sont ensuite destinés au dragon Nidhögg.

  • Le royaume de Rán

Enfin, le royaume de la déesse Rán accueille les morts noyés en pleine mer. Puisque les Vikings étaient de grands navigateurs, il n'est pas étonnant qu'ils aient pensé à une destination ultime pour tout ceux qui perdraient la vie en mer.

L’épouse du géant de la mer Ægir et mère des vagues, attrape les noyés dans son filet et les entraîne au fond des flots.

Les Vikings croyaient d’ailleurs que si les défunts revenaient assister à leur banquet de funérailles, cela prouvait que Rán les avait bien accueillis. Mais, est-ce pour cette raison que les Vikings enterraient parfois leurs morts sur des bateaux-tombes ?

Pourquoi les vikings s’enterraient avec leur bateau ?

Bateau Tombe Vking

Fréquente en Norvège et en Suède, la sépulture dans un bateau entier date du début de l'âge des invasions vikings.

Elle procure une dimension réelle et matérielle au voyage du défunt vers un autre monde. Les Vikings pratiquaient plusieurs rites funéraires incluant un bateau-tombe. Le navire pouvait ainsi être brûlé avec le défunt tandis qu’il voguait.

Le bateau funéraire viking pouvait aussi être brûlé à terre puis, enseveli sous un mont, le tumulus.

Enterrement bateau viking

Bien que les sépultures vikings en France soient rares, le site de l’île de Groix a livré en 1906 une aire charbonnée sous un tumulus qui correspond à l’incinération d’un navire-tombe.

Le bateau pouvait également être enseveli directement sous un tumulus avec le mort à son bord. Dans tous les cas, le défunt était entouré de ses biens.

Lorsque le bateau-tombe était enterré en entier, il prenait place au sein d’une large et profonde fosse, parfois pourvue d’un plancher et d’un toit. Le mobilier et des animaux sacrifiés étaient alors disposés autour du navire.

Si cette sépulture viking concernait davantage les défunts issus de clans riches et nobles, elle ne concernait pas que les hommes puisque des tombeaux de femmes ont été abondamment découverts en Scandinavie. L’un d’eux est d’ailleurs devenu célèbre sous le nom de bateau d’Oseberg.

Bateau Oseberg

En Norvège, des fosses ont été retrouvées et comportaient non pas un mais deux navires, disposés l’un au-dessus de l’autre. Ainsi, à Vinjeora, un bateau-tombe de presque 8 mètres de long a été attribué à une femme morte à la fin du IXe siècle.

Les fouilles démontrèrent que ce navire-tombe avait été installé au-dessus d’un autre bateau légèrement plus grand dans lequel reposait un homme décédé un siècle auparavant. Selon les chercheurs, ce rite funéraire viking pouvait marquer le lien de parenté qui unissait les deux personnages ou indiquer la propriété terrienne de la famille à laquelle ils appartenaient.

Autre présentation intégrant un navire, mais figuratif cette fois, la tombe collective naviforme. Ici, il n’y a pas de vrai navire mais des pierres levées disposées afin d’évoquer une forme de bateau. Les deux pierres aux extrémités signifiaient la proue et la poupe et dépassaient des autres.

Plus de 1500 tombes naviformes collectives ont déjà été retrouvées en Suède et au Danemark.

Tombes Vikings

Malgré la quantité de bateaux-tombes vikings désormais mis au jour, ce rituel funéraire n’était qu’un type de rituel pratiqué parmi de nombreux autres. Les rituels vikings de la mort se révèlent en effet divers et nombreux.

Monuments funéraires vikings

  • La Butte de terre

Sépulture Viking

Parmi les rites funéraires vikings, l’installation du défunt sous un tertre funéraire était très répandue. Recouvrant un bateau ou un corps assis dans un siège, ce mont de terre et de pierres mettait en valeur les personnages les plus importants. Cette pratique perdura même après l’arrivée du christianisme sur les territoires nordiques.

C'est d'ailleurs le rituel qui a été utilisé pour inhumer Björn Côtes-de-Fer dans la saison finale de la série Vikings.

  • Les maisons mortuaires

Maison mortuaire viking

Moins répandues, les maisons mortuaires demeurent aussi plus mystérieuses que les autres monuments aux morts. Leur agencement pourrait représenter l’habitat du défunt dans son nouveau royaume aussi bien qu’une espèce de morgue où les corps auraient été regroupés en attendant des conditions favorables à leur ensevelissement.

Tradition ancestrale héritée du Néolithique, les pierres levées de grande taille marquaient un rite funéraire indiquant un lieu de sépulture bien que les archéologues leur prêtent d’autres usages. Semblables aux menhirs visibles en France, ces pierres ne portaient aucune inscription et auraient pu servir à indiquer une frontière ou une voie sur laquelle les bateaux pouvaient traverser la terre ferme avant de regagner un autre cours d’eau.

  • Les pierres runiques

Pierre runique

Plus nombreuses, les pierres runiques se distinguent par leurs gravures honorant le défunt dont la tombe est située au-dessous ou pour lui rendre un hommage malgré une absence de sépulture, notamment si le mort est décédé loin de sa terre.

Érigées entre le Xe et le XIIe siècle, les pierres runiques de Suède et du Danemark révèlent avoir été commandées par de nombreuses femmes, voire même installées en l’honneur d’une femme décédée.

La célèbre pierre de Rök fut quant à elle érigée en mémoire d’un fils décédé. Elle porte la plus longue inscription connue à l’heure actuelle, soit 700 runes recouvrant les cinq faces du monument.

Sous ces pierres dressées comme à l’intérieur des tombeaux et les bateaux-tombes, reposaient des défunts entourés de meubles et d’objets précieux si leurs moyens le permettait.

Bien souvent, le défunt n'était pas seul dans sa tombe. D’autres êtres prenaient place auprès du mort, car les sacrifices étaient également largement pratiqués.

Sacrifices mortuaires chez les Vikings

  • Les sacrifices d'animaux

À l’ère Viking, le sacrifice d’animaux étaient très répandus et touchaient principalement les chiens, les chats et les poules. Le chien symbolisait Garm, le gardien du royaume des morts. Le chat faisait référence à Freya et à son char tiré par des petits félins. Enfin, la poule intégrait un rituel de prédiction et permettait aux vivants d’entrer en contact avec le défunt.

Le sacrifice animalier pouvait aussi fournir des compagnons de voyage ou une source de nourriture au mort, quelque soit la condition sociale du mort.

En revanche, la distinction du rang social était surtout marquée par le choix des espèces qui étaient ensevelies avec le mort.

Le rituel funéraire viking organisé par les familles les plus riches donnaient lieux à des sacrifices plus somptueux. On y sacrifiait une plus grande quantité de bêtes dont des oiseaux de proie d'une grande valeur. Des chevaux servaient également à évoquer la puissance et la richesse du défunt. Ces derniers avaient un rôle de guides, d’escorte, jusqu’à l’autre monde et constituaient une offrande qui attirerait la bienveillance des dieux envers le nouvel arrivé.

  • Les sacrifices humains

Les sacrifices humains représentent une autre composante des rituels vikings autour de la mort. Le rite funéraire viking de l’esclave en sacrifice suivait une procédure minutieuse afin d’assurer que le défunt retrouve dans l’autre royaume le statut dont il bénéficiait de son vivant.

L’esclave était enterré vivant ou brûlé vif afin de s’assurer que le fantôme du défunt ne revienne pas hanter son clan s’il estimait que les honneurs rendus s’avéraient indignes de sa personne.

Dans la vidéo suivante, tirée de la série Vikings, on assiste au sacrifice d'une esclave à l'occasion des funérailles du Jarl Haraldson.

Conclusion

Entre les divers rites funéraires vikings, les sacrifices et les nombreux royaumes accueillant les morts, il est certain que les Scandinaves accordaient une véritable croyance à une seconde vie dans l'au-delà.

Hormis les esclaves dont le tombeau ne consistait qu’en un simple trou dans le sol, hommes et femmes vikings conservaient leurs rangs au moyen de mobiliers et d'objets témoignant de leur condition sociale.

Si le chef de clan était enterré dans l’opulence et la richesse, le forgeron était entouré de ses outils. Dans tous les cas, les défunts étaient enterrés avec leur parure et les biens qui leur appartenaient dans cette vie.

 Mort viking

Un bon exemple qui montre bien comment les Vikings souhaitaient être enterré est illustré par la tombe de la guerrière de Birka, dont certains des objets avait été exposés au château de Nantes. On y a retrouvé des chevaux, des armes ainsi qu'un jeu de société viking.

La continuité entre le monde des vivants et celui des morts devient alors une évidence que le bateau-tombe ne fait que concrétiser en symbolisant le voyage et le lien entre mer et terre, entre terre et au-delà.

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